La conception bioclimatique est la pierre angulaire de tout projet souhaitant créer, en faisant le lien avec les conditions climatiques locales et les utilisateurs, des espaces urbains et des bâtiments sobres en énergie et confortables en toute saison. Après quelques rappels théoriques, Didier Miquey, du bureau d’études INDDIGO, présente le cheminement de la réflexion pour un concepteur. Les différentes étapes, de l’analyse climatique de site aux études de faisabilité d’énergies renouvelables, sont abordées en soulignant l’impact des conditions climatiques locales (soleil, température, pluie, vent…) sur les bâtiments et espaces attenants (solaire passif, ombrage, confort d’été, confort visuel, ilots de chaleur urbains, gestion des eaux pluviales…).
La bonification du coefficient d’occupation des sols (COS) pour les constructions ou rénovations performantes au plan énergétique (loi Pope de 2005, arrêtés du 3 mai 2007), ouvre des perspectives intéressantes pour les collectivités locales et les maîtres d’ouvrage. Cette disposition complète les outils réglementaires traditionnels et participe à la montée en puissance de toute une gamme d’outils économiques à caractère incitatif. Dominique Drouet du Cabinet RDI, présente les caractéristiques de l’outil de bonification du droit à construire, les modalités pratiques de mise en œuvre par les collectivités, des exemples d’application, et conclut sur les intérêts et limites de l’outil. A noter : un Club « Bonification et Construction Durable » a été mis en place par l’ARENE Ile de France et l’ADEME, avec l’accompagnement de RDI. A l’occasion d’un séminaire organisé le 22 juin 2010 à Paris, les résultats d’expérimentations locales conduites par les collectivités membres du club seront présentés.
Le Bilan Carbone® est un outil pour quantifier les gaz à effet de serre. Proposé par l’ADEME, cet outil se décline aujourd’hui en trois versions : entreprises, patrimoines et services, et territoires. Actuellement, de nouveaux développements de cet outil sont expérimentés, et en particulier en ce qui concerne les opérations d’aménagement et documents d’urbanisme (PLU et SCoT). Sonia Dardé, du CETE Sud Ouest, nous présente cet outil, au travers son expérimentation sur la ZAC Andromède de Blagnac. La contribution « carbone » des différents postes d’émissions selon 2 scenarii et la sensibilité de plusieurs critères ont été évaluées. L’objectif de cette expérimentation est d’aboutir prochainement à un outil relativement simple permettant de guider la conception à l’échelle d’une opération d’aménagement.
A l’occasion de la création d’une ZAC « zéro énergie » en cœur d’agglomération, les questions prépondérantes des consommations énergétiques des bâtiments, de l’alternative aux énergies fossiles et fissiles et de la desserte globale sur la ZAC ont amené la Communauté Urbaine de Bordeaux à lancer une étude de desserte énergétique, à l’image des études de faisabilité des approvisionnements en énergie , obligatoires pour certains bâtiments neufs ou en rénovation. Julien Cottin et Aurélie Héraut ont présenté la démarche entreprise, visant à montrer comment, sur la base des consommations énergétiques prévisionnelles des bâtiments, la couverture des besoins peut être satisfaite tout en restant dans un optimum technique, économique et surtout environnemental. Les résultats finaux, spécifiques à chaque projet, ne sont pas encore connus, mais la démarche entreprise reste le plus important.
Le financement de projets environnementaux constitue une des questions les plus importantes pour les collectivités locales. A cet effet, Alexia Leseur de CDC Climat Recherche, la direction Recherche de CDC Climat, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, a présenté deux dispositifs innovants. Le premier, les certificats d’économie d’énergie (CEE), en œuvre depuis 2006 et courant jusqu’en 2015, permet d’apporter un complément de financement pour des opérations standards de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables selon un mécanisme de marché offre/demande, et donc une subvention potentielle dont le montant peut être aléatoire. Le second, intitulé finance carbone, fonctionne sur un autre principe, inscrit dans un cadre plus international et concerne exclusivement les émissions de gaz à effet de serre. En l’état, ce dispositif ne s’adresse qu’aux projets présentant des réductions d’émissions de GES conséquentes.